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Qui paye le prix de la fast fashion

qui paye le prix de la fast fashion ?

Un style toujours tendance et pas cher, mais qui paye le prix de la Fast fashion ? Ce concept basé sur un modèle de production rapide et à bas coût a transformé la façon de concevoir, de vendre et d’acheter des vêtements.
Ayant comme objectif de renouveler les collections proposées en vente plusieurs fois, ce concept lance environ 52 au lieu des 4 traditionnelles saisons dans l’année.
Ainsi, les entreprises qui propose cette mode éphémère, incitent les consommateurs à renouveler leur garde-robe constamment, en leur mettant à disposition des fringues si peu chères qu’ils peuvent les jeter sans y penser.

Le style vestimentaire parle de nous, l’image que l’on veut dégager passe également par les fringues portées. Ainsi le marketing et communication des entreprises fast fashion, rend les gens aveugles et le comportement d’achat est devenu complètement irraisonnable. Cette mode à deux balles peut séduire très rapidement tous ceux qui ne se posent pas trop de questions.
Finalement, ce qui se passe pendant toute la chaine de production, ainsi que les résultats catastrophiques de cette consommation démesurée de vêtements, n’est pas écrit sur les étiquettes.
En réalité, pour que nous puissions acheter bon marché et parfois sans en avoir besoin, des humains souffrent et notre planète Terre s’épuise.

C’est l’humain et l’environnement qui paye le prix de la fast fashion !

La mer d’Aral Photo by Patrick Schneider on Unsplash

Pour mieux comprendre le coût des vêtements bon marché, il est question de parler de toute la chaine de production. En fait, les valeurs pratiquées dépendent des facteurs qui ne sont pas comptabilisés dans le prix d’achat.
Cela veut dire que des hommes et des femmes subissent de mauvaises conditions de travail ainsi que les conséquences de la pollution, et également, que la Terre est surexploitée et bourrée de pesticides, pour cultiver les fibres. Les entreprises qui ont recours à ce modèle de production ne se soucient que des profits générés.
et les consommateurs complètement manipulés par leur marketing éblouissant, leur permettent d’atteindre leurs objectifs.

Tout commence dans les champs

Culture de coton Photo by James Coleman on Unsplash

Toutes les années sont achetés des billions de pièces de vêtements. Pour répondre à une telle demande, la culture de coton a explosé et du coup, la plante a été génétiquement modifiée pour accompagner le rythme.
Malheureusement, les plantations de cette fibre présentent un réel impact environnemental et social. Le cotonnier est l’une des plantes les plus gourmandes en eau (le 3e consommateur mondial d’eau d’irrigation). C’est-à-dire que pour planter et transformer 1 kg de coton il faut entre 5 400 et 19 000 litres en fonction des techniques utilisées.
Ainsi les désastres écologiques provoqués par la surconsommation d’eau commencent à apparaitre un peu partout sur la planète. L’un des exemples les plus choquants est la disparition de la mer d’Aral. Ce lac salé d’Asie centrale est à sec en raison du détournement d’une partie des fleuves pour irriguer les plantations de coton.

L’utilisation massive de pesticides est également un problème majeur.
Ils contaminent les rivières, les lacs, les nappes d’eau et mettent en danger la santé des agriculteurs et des gens qui résident dans les alentours. La vérité c’est que ce sont les habitants des pays en voie de développement qui payent le prix le plus élevé.
L’Inde, le premier producteur mondial de coton bon marché, est l’un des pays qui souffrent les conséquences de cette utilisation démesurée de pesticides, surtout dans les régions du Pendjab et Vidarbha.

Pour augmenter le rendement de leurs cultures, les producteurs de coton investissent en graines génétiquement transformées. Malheureusement, la promesse tenue ne tient pas le coup et les agriculteurs sont obligés d’acheter de plus en plus de pesticides pour sauver leurs plantations.
Par conséquent, on assiste dans la région à un nombre important d’anomalies congénitales, cancers, maladies mentales, etc.
À un moment, dans une seule ville, on comptait 60 enfants victimes de retard mental. Certains de ces enfants partent dans l’au-delà prématurément, car leurs parents n’ont pas d’argent pour les traitements nécessaires à leur survie.

En plus des maladies et des conditions de vie difficiles, beaucoup d’agriculteurs mettent fin à leurs vie du fait de leur incapacité à rembourser les prêts contractés. Environ 4O suicides par jours dans la région du Vidarbha.

Le bas cout de production, qui paye le prix de la fast fashion ?

Les femmes, les ouvriers, leurs enfants, en souffrent !
Photo by Church of the King on Unsplash

À une époque, le nord du Portugal vivait essentiellement de l’industrie textile. La main d’œuvre pas chère attirait beaucoup de marques de prêt-à-porter.
Mais, il y a environ 20 ans, le secteur est rentré en crise. Je me souviens encore d’entendre parler à plusieurs reprises, de l’envoi de la production textile en Asie, la cause, le prix de fabrication plus intéressant.
À vrai dire, à cette époque le SMIC au Portugal était une somme misérable entre 350 € ou 400 €, mais en Asie c’était bien pire que cela, et donc un marché plus attractif. Tant pis pour les femmes qui ont perdu leur travail, ce qui compte pour ces entreprises, c’est d’augmenter leurs profits.

Il était question d’obtenir la main d’œuvre la moins chère, c’est pourquoi le Bangladesh est devenu l’un des eldorados pour produire une grande partie de leurs 52 collections chaque année. Dans ce pays il n’y avait pas de SMIC, pas de droits aux allocations maternité, pas des droits de retraite, NIENTE !

Comme si ces tristes avantages ne suffisaient pas, on fait encore de la pression sur les fabricants pour qu’ils baissent leurs prix. Ainsi, sous la crainte de voir les productions partir dans une autre usine, baisser le prix en faisant des économies sur la sécurité des travailleurs est devenu une condition acceptable pour répondre à ce modèle de production.
En résultat, les tragédies se sont multipliés, l’effondrement du Rana Plaza étant la plus connue. Cet immeuble près de Dacca la capitale du Bangladesh, qui abritait plusieurs ateliers de confection travaillant pour diverses marques internationales, s’est effondrée le 24 avril 2013. La chute du bâtiment de 8 étages a causé la mort de 1138 ouvrières et en a blessé plus de 2000.

La Fashion Revolution

Ce terrible accident a donné naissance au mouvement FASHION REVOLUTION, à l’initiative de Carry Somers, créatrice de la marque Pachacuti et pionnière de la mode éthique et équitable.
Depuis, le nombre de consommateurs, de marques et d’organismes engagés n’arrête pas d’augmenter. Le collectif se bat pour réclamer une mode plus responsable, exiger plus de justice et de respect pour les droits des travailleurs et pour notre Planète Terre.

Nous avons tous une responsabilité !

Nous ne pouvons pas continuer à fermer les yeux sur l’impact que cette mode éphémère présente pour les travailleurs des pays en développement et pour l’environnement.
N’hésitez pas à approfondir les recherches à ce sujet, peut-être jeter un coup d’œil sur le documentaire : « The true cost ».

7 ans après l’accident de Rana Plaza, certains progrès ont été réalisés pour améliorer la sécurité dans les usines. Des organisations comme ActionAid France, entre autres, se battent pour les droits des femmes, la dignité au travail et la responsabilité sociale des entreprises.
Mais la vérité c’est que les injustices et les abus sont loin d’être réglés.
L’exemple le plus récent résulte de la baisse drastique de consommation de vêtements provoquée par la crise sanitaire du Covid-19. Plus de 3 milliards de dollars de commandes ont été annulés par les grandes marques européennes de prêt-à-porter, auprès de leurs fabricants en Asie. Ainsi, le Bangladesh étant le plus grand atelier a été le plus pénalisé, les annulations de commandes atteignaient déjà 1,4 milliard de dollars le 21 avril. Les fabricants se voient ainsi dans l’impossibilité de payer leurs salariés et les couturières perdent leur travail.

Oui, la pandémie peut être une cause majeure pour annuler ou bloquer les commandes, mais j’en suis persuadée qu’il est possible de trouver des solutions plus éthiques envers ces fabricants desquels dépendent autant de familles en nécessité.

Gardons notre style vestimentaire de manière plus responsable

Sois le changement que tu veux voir dans le Monde.

Le Mahatma GANDHI

Les mentalités sont en train de changer. Nous sommes de plus en plus nombreux à adhérer à la slow fashion, et à choisir les entreprises éthiques axées sur le développement durable.

Aujourd’hui, plusieurs alternatives se présentent pour nous aider à renouveler notre garde-robe de manière plus responsable et tout en gardant un style original.
Nous pouvons vendre, acheter d’occasion, échanger ou Upcycler nos vêtements. Pour cela, je vous propose une liste de structures susceptibles de vous aider sur mon article « Se libérer de ses affaires ».

Si vous souhaitez acheter nouveau chez des marques éthiques et éco-responsables, je vous conseille de jeter un coup d’œil sur le carnet d’adresses proposé par Slowweare.

La mode slow a un cout plus important, mais en fait c’est le prix normal à payer pour que les droits des travailleurs et la Terre puissent être respectés. Il vaut mieux donc acheter moins et choisir une meilleure qualité.
Mettons-nous dans la peau des ouvriers et de leurs enfants.

Réflexion sur cet article

Merci du temps que vous avez consacré à cette lecture. Pour approfondir mes connaissances au sujet des conséquences de la mode éphémère, je me suis inspirée du documentaire « The True Cost ». Si vous le souhaitez, n’hésitez pas à compléter l’article avec d’autres informations, en commentaire.

Je me suis focalisé sur le Bangladesh, mais d’autres pays comme le Cambodge et la Birmanie sont également touchés.
Cet article ne fait pas référence aux mères qui se voient obligées de s’éloigner de leurs enfants, car elles se retrouvent seules dans les villes où elles migrent pour le travail. Non plus aux femmes qui ont essayé de créer des syndicats afin de se battre pour avoir de meilleures conditions de travail et que pour cela, ont été battues à coup de pied en cachette.

NB : Toute réflexion peut avoir un côté complexe, je ne suis pas contre une partie de la fabrication en Asie, tout est question de trouver un juste équilibre. Ce serait triste de voir tous ces ouvriers perdre leur travail, une vraie catastrophe.
C’est tout un système mal fait qui est en cause, mais c’est à nous aussi de contribuer à ce changement nécessaire à la survie de l’homme sur la planète Terre.

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Catégorie:Mode - Beauté
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Se libérer de ses affaires.

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